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Une biographie de Hugues Barrière et Mikaël Ollivier Librio musique - 2001 |
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PrologueNew York City SerenadeEntre la septième et la huitième avenue, dans un carré délimité par la trentième et la trente quatrième rue, on ne parle que de ça. Des hommes et des femmes circulent anxieusement parmi la foule qui se presse en cette chaude fin d'après-midi d'été ; ils tiennent dans les mains des cartons sur lesquels on peut lire : "1 billet SVP.", "cherche 2 billets ?", ou encore "votre prix est le mien". Une queue interminable encombre le trottoir, jusque très loin dans la trente troisième. Seuls les premiers seront servis, les cent cinquante premiers, c'est à dire rien en regard du nombre de demandeurs. Mais ceux-là font la queue depuis deux jours et deux nuits. Ils se sont installés le 29 juin un peu avant minuit, et nous sommes le premier juillet vers 18h30, devant le Madison Square Garden, New York City.
Les fans de Springsteen n'ont rien de groupies hystériques ; ils sont des amateurs éclairés, des spécialistes, des fidèles de l'artiste, certains depuis plus de 25 ans, d'autres depuis peu, mais avec le même enthousiasme, la même ferveur. Ils se connaissent pour s'être tant de fois rencontrés dans les mêmes salles de concerts, dans les mêmes stades. Certains sont devenus des amis. Ils s'étaient tous retrouvés le 9 avril 1999 à Barcelone, pour le coup d'envoi de la tournée. Cent trente et un concerts plus tard, ils sont ici, le 1er juillet 2000, pour le final. Plus de 2 500 000 spectateurs ont vu au moins un show de cette tournée. Parmi eux, certains en ont vu cinq, d'autres vingt, quelques-uns plus de cinquante.
L'heure tourne et, cette fois, tous ceux qui ont pu s'acheter un billet sont dans la salle. Le Madison Square Garden forme un ovale impressionnant, une foule gigantesque qui s'étend autour d'une scène qui en paraît étonnamment petite. Il est 20h 30, et le groupe est en retard. A 20h40, les lumières s'éteignent enfin. La foule gronde, rugit, dans un vacarme assourdissant. Un spot éclaire la sortie du tunnel prévu pour l'arrivée des musiciens et Roy Bittan, le pianiste, arrive en premier, comme de coutume. Il est suivi par Danny Federici, claviers et accordéon. Chacun rejoint son coin de la scène et Max Weinberg apparaît à son tour , "Mighty Max", le batteur, qui déclenche un pic de densité dans la clameur unanime de la foule. Garry Tallent, le bassiste, est le suivant, puis vient Nils Lofgren, guitare, et Patti Scialfa, choriste et guitariste à laquelle la foule réserve un accueil particulièrement chaleureux. L'arrivée de Steve Van Zandt est un nouveau climax. Stevie, le complice de toujours, "Little Steven" pour sa carrière solo ou Silvio Dante dans The Sopranos, l'excellente série télé qui fait les beaux jours d'HBO. Celui qui monte ensuite sur la scène n'est autre que Clarence Clemons, l'imposant saxophoniste noir qui a toujours été le favori du public. Il serre ses poings sur sa poitrine en simulant une étreinte avec 20 000 fans qui hurlent son surnom : "Big Man". Quelques secondes encore, et Bruce Springsteen traverse la scène, guitare au poing. C'est un orage d'applaudissements et de cris. Il s'avance et salue la foule de la main, devant lui, sur les côtés, derrière la scène. Une marée humaine scande son prénom. Springsteen profite quelques secondes de cet hommage puis enfile la courroie de sa guitare. Il tourne le dos au public et en silence, de la main, marque la mesure pour le groupe. One… two… three… four… [retour à la page de présentation du livre] Reproduit
avec l'aimable autorisation des éditions J'ai lu / Librio |
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