· Editeur:Autour
du livre · Genre: Essai · Illustration : Charles Berberian · Annexes: La bande-son de Born in the U.S.A.,
chronologie sélective, bibliographie sélective. · Publication: 24/05/2006 · Prix:10
€ · 160 pages
Vingt ans après sa publication, Born
in the U.S.A. reste de très loin la chanson la plus connue
du rocker américain Bruce Springsteen, son totem, celle qui lui
a apporté la plus vaste notoriété. Avec pas moins
de neuf versions différentes publiées (et autant qui auraient
mérité de l'être), elle occupe une place majeure
dans l’œuvre du chanteur, cristallisant une vision sans concession
de l’Amérique et renvoyant le reflet d’une époque
controversée. Pourtant beaucoup se sont lourdement mépris
sur son sens véritable, croyant y entendre, au cœur des
années Reagan, l’expression militante d’un patriotisme
triomphant, alors que les paroles sans équivoque racontent au
contraire le sort accablant d’un vétéran du Vietnam
rejeté dans et par son propre pays. Dix ans après Born
to Run et dix ans avant The Ghost of
Tom Joad, Born in the U.S.A.
est la pierre angulaire de la carrière de Bruce Springsteen,
le catalyseur alchimique d’un succès sans précédent
et d’un séisme dont l’onde continue de résonner
aujourd’hui. Une chanson que son destin à nul autre pareil
a transformée en mythe de l’histoire du rock, au sens propre
comme au sens figuré, et dont le temps nous permet aujourd’hui
de détailler la complexe anatomie et de raconter la singulière
saga. Rarement 4’39 minutes de rock auront été
à l’origine d’une si étonnante et édifiante
histoire. La voici dans ses moindres détails.
Le mot de l'auteur
Malgré deux livres
et demi* déjà publiés sur Springsteen, il me restait
encore pas mal de choses à raconter sur cet inépuisable
sujet. Je n'avais, comme on dit, que l'embarras du choix. Je voulais
m'adresser aux fans mais aussi à la grande majorité des
gens qui connaissent Springsteen sans être des aficionados, ou
du moins qui croient le connaître, car c'est bien là que
le bât blesse.
D'une façon générale,
bien au-delà des seules chansons du Boss, les gens écoutent
la musique sans y faire vraiment attention, et croient la connaître
lorsqu'ils n'en ont, en réalité, retenu qu'une mélodie
et au mieux un refrain. C'est dommage mais c'est ainsi.
Pour tenter une fois de plus de lutter contre
les préjugés, les clichés et les raccourcis concernant
Springsteen, il m'a bien fallu repartir des fondamentaux, c'est à
dire de là par où l'insidieuse confusion s'est engouffrée
: Born in the U.S.A. Plus j'avançais dans mes recherches et dans
mon analyse du phénomène (comment la chanson la plus connue
d'un artiste peut-elle être sa chanson la moins bien comprise
? quel trajet une chanson emprunte-t-elle entre l'artiste et son public
? quel rôle joue l'image de l'artiste ?), et plus je fus impressionné
par le destin hors du commun de cette chanson. De moins en moins importait,
finalement, son sujet, ce qu'elle dit, c'est son destin qui devenait
exemplaire, depuis sa génèse jusqu'à ce jour, en
faisant, en quelque sorte, le personnage principal d'un roman doté
d'innombrables rebondissements... jusqu'à ce 7 avril 2006, où,
alors que le livre était déjà sous presse, il m'a
fallu y ajouter in extremis un épilogue (malheureux), comme des
points de suspension là où je pensais pouvoir inscrire
un point final, comme le signe d'un destin qui ne veut pas se résigner.