|
A
Day In New Jersey |
Une
chronique de |
|
--------------------------------- Il était une fois... un groupe de jeunes fans de ce chanteur du New Jersey, qui décidèrent de partir sur les traces de leur patron préféré, pour tenter de mettre des images sur les différents lieux de jeunesse évoqués dans les chansons et témoignages du dit chanteur. Bref, on était une bonne dizaine de petits français à rejoindre l'excursion dans le "Noo Joisey" organisée par le fan-club anglais Badlands. Départ en bus (euh... 2 bus, ça promet !), NJ Turnpike, panneau Freehold (l'émotion monte), et puis on entre à Béthléem...euh, pardon, Freehold : là, nous retrouvons un groupe de touristes qui a bien l'air d'être composé de fans comme nous. Les deux groupes fusionnent : chic, on est au moins cent cinquante, maintenant. Forcément, la photo des maisons d'enfance de Bruce sans personne devant, c'est moins facile à 150, mais bon, ne boudons quand même pas notre joie pour si peu. Ballade à travers la petite ville du troupeau de japonais locaux (c'est nous !). Les appareils photos crépitent (même sans flash, c'est dire !).
Puis, Asbury Park (je vous la fais courte, sinon on y est encore demain, et l'essentiel est quand même de vous parler de ce ferry boite). Ah, Asbury Park, le Casino (en piètre état), le Palace (en voie de disparition), le boardwalk (en cours de destruction), le convention hall, Tillie (pas fringuant), le Stone Pony (fraîchement racheté) où nous attend avec courage.. qui ça ? Mais oui, Vini Lopez himself, qui, arborant fièrement un t-shirt "Born In The U.S.A. ... A long long time ago", pose patiemment avec les 150 d'affilée !
Vers 17h00, nos GO anglais comprennent qu'il faudrait peut-être qu'on s'arrête quelque part pour manger, car les glaces à l'eau et la bière ne vont pas le faire éternellement (quoique le spécimen anglais n'a même pas besoin de la glace à l'eau, en fait). Bref, tout était prévu. Après 1/2 heure de bus qui nous permet de traverser quelques bourgades plaisantes (Deal, ville de naissance de Patti Scialfa, Red Bank...), et de longer le Jersey Shore, nous arrivons chez le pote éternel de nos GO, j'ai nommé Crazy Johnny, qui, pour "rendre service" (sic), s'est fendu de 12 feuilles de salade et de 3 steaks hachés pour nourrir nos 150 ventres affamés grâce à son menu spécial "eat all you can for 26 $" . Ça va pas le faire, j'vous dis, vu qu'après l'invasion britannique, il n'y a même plus une seule table de libre et qu'il y a à peine à manger pour 8. Donc, c'est le ventre vide (ce qui, finalement, n'est pas plus mal) que nous nous préparons, vers 19h00, à entamer (enfoncer ?) le clou de la journée : la ballade en bateau le long de l'Hudson river. "We went down to the river..." Je la
sentais mal, cette virée en ferry boite, il commençait à
cailler et à se faire tard, le ciel était gris, j'avais
faim (et sommeil... pardon, désolé), et je pensais à
Bruce chantant "Trouble
River". Je m'apprétais à renoncer à la ballade
(pas même sûr de récupérer les 40 $ du ticket),
lorsque par solidarité, j'ai finalement décidé de
ne pas quitter la joyeuse bande (car c'est bien elle qui nous a sauvés
du désastre total). Bref, le bateau quitte la berge, avec la promesse
d'un musicien pour chanter live quelques chansons du boss. Las, à
la place, une sono pourrave crache inlassablement le live
1975-85. La nuit tombe, les berges de l'Hudson River sont inintéressantes
au possible, mais
22h00 passées. On arrive au Stone Pony. Prêts pour le concert. Je fonce à la baraque à frites et hot-dogs en face du Pony. J'ai jamais rien mangé de meilleur (enfin, de la journée...). Le Ouin-Ouin de la scène rock du NJ se pointe sur la scène. On dirait un peu Bruce en 95, jusqu'à ce qu'il se mette à chanter. Et là, je peux vous le dire, "Grushecky m'a tuer". J'ai rapidement filé dans le bus pour aller pioncer. J'ai eu bien raison. Samedi soir, au Giants Stadium, j'étais presque autant en forme que Bruce, qui nous a donné un concert majestueux. Cela dit, toutes ces paroles que je connaissais par coeur avaient subitement un goût différent, prenaient un sens plus réel. Sur My City Of Ruins, j'étais en pensée à Asbury Park, dans la "zone". J'avais l'impression de comprendre, enfin. Les autres aussi, forcément. En tout cas, on ne l'avait pas volé.
Hugues
Barrière
|
|