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BRUCE
SPRINGSTEEN |
Une
chronique parue dans le n°27 de (décembre 2004) |
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22 septembre
1992 : à la recherche d'un nouveau son et d'une nouvelle vie, Bruce
Springsteen a quitté depuis 4 ans ses vieux comparses du E Street
Band et son New Jersey natal. Retiré dans sa villa californienne
de 14 millions de dollars, il goûte un bonheur serein auprès
de sa seconde épouse (et choriste) Patti Scialfa et de leurs deux
jeunes bambins. A l'image des Gunners, il vient de sortir simultanément
deux albums (Human Touch et Lucky
Town) qui, inégaux, sont gentiment descendus par la critique
et boudés par le public. Moins d'un mois seulement après
avoir rassemblé son nouveau line-up pour la scène, il part
la fleur
à la guitare pour une longue tournée mondiale,
présenter ses dernières chansons. Mais devant l'accueil
peu convaincu des fans, il cède à l'invitation de la chaîne
MTV et se produit ainsi pour la première fois, à la veille
de son 43ème anniversaire, en live devant des caméras de
télévision. Promotion oblige (albums + tournée),
le Boss refuse de se plier à la règle de l'émission
(Unplugged = acoustique), et après un premier titre solo, rebranche
joyeusement amplis et guitares. Le titre solo en question est tout de
même une création, intitulée " Red
Headed Woman ", hommage aux femmes rousses (et donc à
sa propre femme) et surtout une chanson grivoise aux paroles explicites,
vantant les joies du cunnilingus, ce qui, à une heure de grande
écoute à la télévision américaine,
n'est pas un mince exploit et mérite son pesant de bips (sauf qu'il
n'y a pas un seul gros mot dedans, et que les censeurs ne surent pas quoi
biper, hé hé
). Le Patron ayant depuis lors exhumé
avec bonheur son vieux E Street Band (avec déjà deux DVD
live à la clé), on comprend aisément, devant le jeu
et le son un peu lourds de ce " MTV
unplugged ", que la réédition de ce concert télévisé
vieux de 12 ans, période traversée du désert, n'ait
pas été une priorité pour Sony, qui offre ici une
production minimale, regrettablement exempte de tout bonus. Il n'empêche
que c'était la seule VHS de Bruce Springsteen à n'avoir
pas été publiée au format DVD. C'est maintenant chose
faite. Les collectionneurs apprécieront, d'autant que la rondelle
comprend 19 titres, soit un de plus que la VHS (" Roll
of the dice " qui figurait en fait sur le laserdisc) et 6 de
plus que le CD. Signalons au passage les deux ou trois morceaux intéressants
(en dehors des standards comme " Thunder
road ", " Darkness on the
edge of town ", " Atlantic
City " ou " Growin'up
", avec Roy Bittan, seul rescapé de la vieille garde) que
sont " My beautiful reward "
(beau et délicat), " If I Should
Fall Behind ", et cette version inédite (et endiablée)
de " Light Of Day ", la
chanson composée pour le film éponyme de Paul Schrader avec
Joan Jett et Michael J. Fox, et auquel ce filou de Bruce avait piqué
son titre original : " Born In The
U.S.A. ". Parmi les membres du combo de l'époque aujourd'hui
tombés dans les oubliettes de l'industrie musicale, on ne regrettera
pas le remuant guitariste Shane Fontayne (ex-Lone Justice) ni le batteur
faiblard Zach Alford, qui finira chez Bowie. Mais on pourra en revanche
garder en souvenir les 5 choristes black & white donnant une jolie
coloration soul aux compositions d'un Bruce Springsteen éternel
fan de Curtis Mayfield, Sam Moore, Edwin Starr, James Brown, Eddie Floyd,
Al Green et autres immortels des écuries Stax ou Motown. Pour curieux
et collectionneurs.
Hugues
Barrière |
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