Pour le 30ème anniversaire
de la sortie de Born to Run,
Bruce Springsteen et Sony BMG se fendent d’un beau coffret contenant
pas moins de deux DVD (un live et un making of), un livret de photos et
le CD de l’album (enfin) remasterisé, l’occasion pour
nous de revenir sur la genèse de cet album mythique, chef d’œuvre
de l’Histoire du Rock, premier grand tournant de la carrière
de Springsteen, et de nous pencher sur le contenu de ce coffret mi-revival
mi-collector. Un grand OUI avec cependant quelques petits MAIS…
Bruce Springsteen
at the Crossroads ? Non le Boss ne nous a pas (encore) accordé
cette interview qu’on attend avec fébrilité et espoir
(mais qu’est-ce que tu fous, Bruce, on est prêts nous ?).
Cela dit, il n’est pas interdit d’en rêver, puisque
c’est justement Bruce qui a rédigé le mode d’emploi
des rêves qui se réalisent… Mais non, ce petit jeu
de mot, qui fait au passage référence au livre de Greil
Marcus sur Bob Dylan (Crossroads #37), dont Bruce Springsteen est le digne
fils spirituel, exprime surtout les multiples tournants que constitue
Born to Run, dans la carrière
de Bruce Springsteen : sur le plan discographique, sur le plan de l’écriture,
sur le plan du son, sur le plan du groupe (E Street Band), sur le plan
du management et sur le plan international… En commençant
à travailler sur Born to
Run, Bruce Springsteen, alors âgé de 24 ans, ambitionnait
de faire « le meilleur disque de rock de tous les temps ».
L’avenir en a jugé. Tout au long de la dantesque genèse
de cet album culte se sera joué un drame shakespearien, une saga
héroïque peuplée de winners et de losers. « There’s
an opera out on the turnpike, there’s a ballet being fought out
in the alley… »
MAKE OR BREAK…
Lorsque Bruce entame l’écriture de Born
to Run, il a déjà signé deux albums au succès
plus que modeste chez Columbia. Il est sur un siège éjectable,
lui qui ne vit que pour et par le rock. Autant dire que c’est pour
lui une question de vie ou de mort. « Un rêve est-il un mensonge
lorsqu’il ne se réalise pas, ou est-ce encore pire ? »
chantera-t-il plus tard. Clive Davis, le patron du label est sérieusement
remis en cause, et ce n’est pas son découvreur, John Hammond,
qui peut réussir à le sauver. Columbia commence déjà
à miser sur Billy Joel pour compenser les ventes insuffisantes…
Alors, Bruce prend son élan, rassemble tout ce qu’il est
possible d’imaginer mettre dans un disque de rock, le disque de
la dernière chance, le chicken run de James Dean, le dernier
essai de Bubka à 6m15… Comme à son habitude il a écrit
de nombreuses chansons mais il commence déjà par butter
sur la première, Born to Run,
qui donnera le titre et le ton de l’album… un an plus tard…
Six mois sur une chanson, mais quelle chanson, un hymne, un coup de massue,
un concentré de romantisme épique, une profession de foi,
un combat contre le doute, le cynisme, la crise pétrolière
qui porte atteinte au mythe… Bruce a encore les stigmates de Dylan
dans son écriture quand il aborde Born
to Run, mais il rature, il épure, il coupe, il réécrit,
il concentre, il va à l’os. Avec le son de Spector comme
objectif, il multiplie les pistes, les couches superposées, à
tel point qu’on n’en entend plus certaines, mais on les devine
et, de fait, elles sont bien là. Bruce façonne un son qui
n’a rien à voir avec ses précédents opus. Il
essaye, explore, tente, annule, réessaye, accumule les versions,
et se décide enfin. Mais s’il doit passer six mois sur chaque
titre, il ne s’en sortira pas. Pendant
que Mike Appel, le manager et véritable découvreur de Springsteen,
envoie le single de Born to Run aux
DJ les plus influents du pays qui le passent en boucle, créant
une attente immédiate d’un album complet, et une pression
supplémentaire quant à l’achèvement de celui-ci,
le travail en studio prend des allures de cauchemar. Le groupe piétine
à force de se chercher et finit par s’épuiser. Jon
Landau apporte les premières solutions, en quittant les 914 Sound
Studios de Blauvelt dans la banlieue nord de New York pour le Record Plant
et en introduisant dans l’équipe l’ingénieur
du son Jimmi Iovine. L’ami d’enfance Steve van Zandt contribue
à son tour en arrangeant les parties de cuivres, signant ainsi
son entrée dans le E Street Band. Bruce essaye tout et son contraire,
il sent ce qu’il veut plus qu’il ne le sait, mais ne parvient
pas à trouver la voie, la voix. A l’écoute des premiers
masters, il balance le tout de rage, prêt à tout abandonner,
mais n’ayant plus la force de tout recommencer. De guerre lasse,
pétrifié par la peur, le doute, l’épuisement,
serrant les fesses, ne sachant plus ce qui est bien ou ne l’est
pas, il consent finalement à sortir l’album qui changera
le cours de sa vie, et de celle de beaucoup d’autres. Le 20 juillet
1975, c’est la délivrance, ils se précipitent hors
du studio et se dirigent tout droit vers la salle où débute
la tournée. Ce jour-là, j’ai dix ans (et si tu m’crois
pas, hey, tare ta gueule à la récré).
WINNERS AND LOSERS
Quel genre de foi faut-il pour surmonter tout cela ? Qui est capable d’une
telle abnégation, d’un tel sacerdoce, d’une telle vista
? Bruce aura non seulement vaincu l’adversité, la pression,
les mots, les notes, les instruments, les executives du label, il aura
aussi réussi à faire traverser avec lui sa garde rapprochée,
son E Street Band, avec un minimum de casualties. Ceux qui auront franchi
la montagne seront ses blood brothers pour les 30 ans à venir,
et même plus. Au cœur de la tourmente, de la dèche,
de l’incertitude, deux musiciens raccrochent les gants, n’y
croyant plus, ne tenant plus. Exit Ernest « Boom » Carter
(batterie) et David Sancious (piano). Ils sont respectivement remplacés
par le « mighty » Max Weinberg et le « professeur »
Roy Bittan. La violoniste Suki Lahav part vivre en Israël avec son
mari, l’ingénieur du son Louis Lahav, auquel a été
préféré Jimmy Iovine. Springsteen attendra 28 ans
avant de reprendre une violoniste dans son groupe (l’excellente
Soozie Tyrell). Mike Appel fait aussi les frais de l’opération,
de façon assez moche. On ne fait pas la meilleure omelette de tous
les temps… Winners and losers down the line…
LE COMBAT DES CHEFS
Le duel le plus violent de Born
to Run fut sans doute le combat des chefs entre Mike Appel et
Jon Landau. Un bras de fer à couteaux tirés entre deux mecs
qui se disputent la même fiancée. Encore une fois, «
there’s a ballet being fought in the alley », c’est
OK Corral. Le favori, Mike Appel, a signé Bruce quand personne
n’en voulait, à des conditions classiques pour un white trash,
un street punk refusé par toutes les maisons de disques. Mike Appel,
au culot, obtient un rendez-vous puis un contrat pour Bruce à la
Columbia (rien que ça), qui cherche un successeur à un Dylan
menaçant sérieusement de les quitter. Et même plusieurs,
on n’est jamais trop prudent. Elliott Murphy est de l’aventure
et aussi Billy Joel, sur qui Columbia décide de miser après
deux albums de Bruce au succès plus que modeste Arrive le challenger
Jon Landau, qui s’impose progressivement dans le studio. Il a clairement
vu en Bruce le futur du rock’n’roll et il sait trouver et
apporter les réponses qu’Appel ne trouve pas. C’est
pourtant ce dernier qui dégotte
les deux couvertures simultanées de Time et Newsweek, fait sans
précédent et jamais renouvelé pour un artiste. C’est
lui qui convainc les DJ à travers tout le pays de passer le single
« Born to Run », créant une demande grandissante sur
l’album qui tarde à sortir. Seulement le pognon ne rentre
pas vite, et quand il rentre enfin, Appel commence par se rembourser.
Aujourd’hui, il est accepté que la fortune récompense
le risque pris. Mais à l’époque, c’était
sans doute encore suspect… Springsteen, fauché, découvre
alors, naïf, qu’il a signé des contrats qui le dépossèdent
de la moitié de ses droits d’auteurs. Ce n’est pas
une question d’argent. Il n’est pas candide ni erroné
de considérer que Bruce est devenu milliardaire sans jamais s’inquiéter
des questions d’argent, ni quand il n’en avait pas, ni, a
fortiori, depuis qu’il en a bien trop pour faire vivre sa famille,
produire ses albums et soutenir des œuvres de charité. C’est
une question presque physique. Ces textes SONT Bruce, ils sont sa chair
et son sang, sa sueur et ses larmes, l’essence même de sa
personne, son intégrité mentale, morale et physique, et
cela, il ne peut consentir à en abandonner la moindre parcelle.
Aidé par Jon Landau qui devient l’homme des bons conseils
et des bonnes solutions, notamment sur le plan créatif, et qui
brigue la place de mentor, Bruce éjecte son Pygmalion, son «
colonel Parker », son « Albert Grossman ». On le sait
aujourd’hui, les créateurs d’entreprise et les développeurs
ne sont pas les mêmes personnes, elles n’ont pas les mêmes
talents. Bruce a eu besoin des deux, il a eu les deux, mais, comme on
pouvait s’y attendre, la transition s’est passée dans
la douleur. Cela a évidemment considérablement ajouté
à la tension de l’enregistrement, plombant une ambiance qui
n’avait déjà pas besoin de ça. Sauf que juridiquement,
Springsteen a tous les torts, et les procès mutuellement intentés
se soldent au désavantage du chanteur. Echec et mat ? Non, Appel,
qui tient Springsteen par les parties, n’a pas fait tout ce travail
pour couler le navire qu’il avait lui-même armé. Beau
joueur, malgré son dépit, il accepte une transaction qui
semble juteuse à première vue, mais ne s’avèrera
ultérieurement que symbolique. Il déclare forfait. Il laisse
partir son poulain. Landau a gagné. Bruce peut désormais
payer sa dette morale en faisant rocker le monde pendant les 30 ans qui
suivront… Epilogue : Appel a conservé un petit pourcentage
sur la production des deux premiers albums. En 1983, Bruce enregistre
ce qui va devenir Born in the USA.
Landau, en homme d’affaire avisé, sent que la déflagration
va être colossale. Il incite Bruce à racheter à bas
prix les droits d’Appel sur Greetings…
et The Wild…, qui auraient
largement suffi à lui assurer une retraite confortable. Après
tout, il l’aurait bien mérité, non ?
FINALLY, THE WORLD IS READY FOR BRUCE SPRINGSTEEN
Ce concert de Londres, c’est le deuxième effet kiss cool
: la pression médiatique est à son comble, qui place très
haut les attentes envers le chanteur, là où Bruce n’a
jamais joué, où il n’est pas en pays conquis. «
It’s a death trap, a suicide rap ». A Londres, Springsteen
n’a pas encore la réputation scénique qu’il
a acquise depuis près de dix ans chez lui, dans le New Jersey
et dans tout le reste des Etats-Unis. La campagne promotionnelle arrogante
orchestrée par Columbia (« Finalement, Londres est prête
pour Bruce Springsteen »), renforcée par l’exploitation
du commentaire du rock-critic Jon Landau (« J’ai vu l’avenir
du rock’n’roll et son nom est Bruce Springsteen ») placent
le chanteur au pied du mur, au pays des Beatles et des Rolling Stones.
C’est un pied de nez limite insultant déclarant la reprise
par les Etats-Unis du titre de champion du monde de rock’n’roll.
Springsteen a du courage mais il n’est pas maso. De rage, il arrache
les affiches, fait supprimer les pin’s et les prospectus sur les
fauteuils. Il sort d’un an de pression insupportable, et voilà
qu’on lui en colle une seconde. Il sait à quoi il s’expose,
il n’a pas besoin qu’on monte l’affaire en épingle
: son passage à Londres, toute première venue en Europe,
décidera s’il est appelé devenir une star mondiale
ou ne restera qu’un rocker local, chez lui. Il faut dire que la
dimension universelle de sa musique et de ses textes n’a pas encore
effleuré grand monde. Pour beaucoup, c’est (déjà)
un yankee parlant de son pays, de ses personnages, de ses routes, de ses
villes, de ses bagnoles... de sa légende, de son mythe, quoi…
Est arrivé ce qui devait arriver : Bruce est stressé, il
délivrera tout le concert durant un jeu strict, en dedans, ne donnant
la pleine mesure de ce qu’il est capable de faire sur scène.
Tout le monde est au charbon. Cela ne
rigole pas dans les rangs. La musique a beau être prodigieuse, beaucoup
n’en prennent pas encore complètement la mesure, la critique
est décente, sans plus. On sent la tension dans chaque morceau,
dans chaque phrasé. C’est… tight. Quittant Londres,
Bruce et les boys iront faire plus ample connaissance avec l’Europe
lors de leurs passages aux Pays-Bas et en Suède. Pour Paris, il
faudra attendre 1981. Six jours après le concert de l’Hammersmith,
ils reviennent en pleine forme pour un concert supplémentaire à
Londres, et là, bada bing, c’est l’exploit. Vingt-trois
chansons, dont dix dans les rappels. La presse et le public londoniens
ne lâcheront plus jamais le Boss. Mission accomplie. On a eu chaud.
Peter Gabriel, présent dans la salle, qualifie le show de meilleur
concert auquel il ait jamais assisté après celui d’Otis
Redding.
La suite, vous la connaissez… C’est à
cette époque qu’un certain Antoine de Caunes tente de faire
connaître Bruce en France.
NOTRE AVIS SUR…
1. Le CD Born to Run
Belle
idée d’avoir reproduit en fac simile la si célèbre
pochette d’origine du 33 tours, à double battant («
my big invitation card » dit Springsteen), avec les paroles à
l’intérieur, à l’instar de ce qu’a proposé
Sony Japon il y a quelques temps, poussant même la coquetterie jusqu’à
imiter, pour le CD, le vinyle noir et son étiquette centrale rouge,
avec les titres de la face A. Rien à dire sur le son, un chouillas
plus clair que les CD déjà disponibles et rendant donc hommage
au dantesque travail accompli en studio. MAIS… il eut quand même
été plus que logique et tout aussi intéressant, comme
cela se fait d’habitude sur ce genre de rééditions,
d’ajouter aux 8 titres magiques quelques versions alternatives (notamment
de Thunder Road, de Jungleland
avec une section de violons, de Born
to Run… voir pour cela le pirate « War & Roses »)
et quelques inédits ne figurant pas déjà sur le coffret
Tracks (A Love So Fine, The
Heist, Lovers in the Cold…), afin d’illustrer les innombrables
pistes explorées par le chanteur et son groupe avant d’aboutir
à ce chef d’œuvre.
2. DVD Live at Hammersmith Odeon, 18 Nov. 1975
On
a déjà dit plus haut ce qu’il faut savoir sur ce concert.
Ce n’était pas celui-là qu’il fallait publier,
mais celui du 24 novembre, six jours plus tard, dans la même salle.
Le 18, Bruce a un balai dans le cul et une épée de Damoclès
au-dessus de la tête : quelle force et quel courage parvient-il
pourtant à rassembler pour terrasser la pression et les éléments
hostiles qui l’encerclent de toute part ! « This town rips
the bones from your back, It’s a death trap, a suicide rap ».
Comment réussit-il à transcender sa peur et à la
transformer en cette furieuse exaltation ? Make or break, c’est
James Dean qui appuie sur le champignon dans « La Fureur de vivre
». C’est le chicken run de Bruce Springsteen, mais le Boss
n’est
pas une poule mouillée. Il a bel et bien sauté le dernier
et les a tous toisés… Les morceaux sont joués à
cent à l’heure. Ça ne rigole pas dans les rangs des
E streeters, qui ont tous la tête dans leur instrument, occupés
à donner le meilleur et tenir la cadence. Admirons quand même
Clarence « Big Man » Clemons, en costume blanc, feutre blanc,
œillet rouge à la boutonnière et « Miami »
Steve van Zandt, costume rouge, borsalino blanc à bande rouge,
œillet blanc à la boutonnière. La classe. Bruce, à
leurs côtés, se la joue street punk avec son gros bonnet
de laine à maille épaisse. Si le jeu de scène est
quasiment absent, si la setlist est définitivement trop courte,
la performance et le son n’en sont pas moins prodigieux. Ils ne
sont pourtant pas bien vieux à l’époque. Alors imaginez
si avait été publié le concert du 24/11 ? L’art
et la manière, le talent et le panache… En tout cas, c’est
passé, et pour un bon
bout de temps (trop fort ce Hugues, il prédit en 2005 l’avenir
à succès de Springsteen sur au moins les trente prochaines
années à compter de 1975 !). L’image et le son ont
été parfaitement restaurés. Réjouissons-nous
quand même au final que Bruce Springsteen ait enfin accepté
de publier ce DVD live, lui qui s’y était donc refusé
pendant trente ans, malgré les demandes aussi pressantes qu’unanimes,
nourrissant au passage des générations entières de
bootleggers.
3. DVD Wings for wheels, le making-of
Absolument indispensable. Magnifiquement réalisé,
avec des images d’archive et des interviews récentes de tous
les acteurs des sessions d’un enregistrement qui a tourné
au drame shakespearien (quoique, on se demande ce que vient faire là
Patti Scialfa, madame Springsteen, qui n’a rejoint le groupe que
dix ans plus tard). Complet, émouvant, ce « making-of »
est aussi instructif qu’honnête. Il restitue avec justesse
l’ambiance de l’époque, la tension exacerbée,
la fatigue, la créativité, l’accouchement dans la
douleur, les luttes fratricides qui se jouent au second plan, le destin
qui est en marche, les routes qui se croisent, ce fil à peine perceptible
qui sépare ce qui passe de ce qui casse, l’alchimie qui transforme
en chef d’œuvre les ingrédients dont quiconque aurait
fait un désastre. On découvre que Bruce a composé
Born to Run sur un piano
éolien. Ses morceaux au clavier depuis 2000 et surtout pendant
le Devils & Dust tour en 2005 n’ont donc rien de nouveau. Bruce
Springsteen n’a pas toujours été un gars avec une
guitare. Enfin si, mais pas que ça. Et puis, trente ans après,
Mike Appel semble enfin pleinement réhabilité. On y dit
à demi mot le sort cruel et injuste réservé à
celui qui a « fait » Springsteen, même si, au final,
Springsteen s’est surtout fait lui-même… C’est
le Boss, après tout… Trente ans, c’est en général
ce qu’il faut à l’histoire pour rétablir certaines
vérités. Contre toute attente, ont été ajoutés
en bonus trois vidéos live datant de 1973, qui pour aussi exceptionnelles
qu’elles soient, n’ont absolument rien à faire là,
puisqu’il ne s’agit même pas de morceaux de Born
to Run, sauf à montrer que Bruce Springsteen et son E
Street Band (avec à l’époque Dave Sancious au piano
et Vini « Mad Dog » Lopez à la batterie) étaient
déjà excellents, bien avant Born
to Run. En revanche, ce qui était attendu de pied ferme,
ce sont les sous-titres… Ceux qui ne parlent pas le Bruce dans le
texte apprécieront.
4. Le livret de photos
Les nombreuses photos inédites compilées
dans ce petit livret raviront les fans et les collectionneurs. Marrant
de voir leurs tronches et leurs dégaines à l’époque…
Au premier regard, ce mini-album semble un peu cheap, photos floues pour
la plupart, gros grain, papier absorbant la lumière au lieu de
la révéler. Il faut néanmoins s’arrêter
un instant sur chaque cliché pour sentir la vie qui s’en
dégage… une bande de compères se jetant à corps
perdu vers une promesse incertaine parce qu’il n’y a de toute
façon pas d’autre option… Dès le deuxième
regard, ça devient très cool. On y est…