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A
Day In New Jersey (II) |
Une
chronique de |
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--------------------------------- Asbury Park, NJ - 29 août 2003
Traversant Ocean Avenue, nous rejoignons le boardwalk et ses planches vermoulues qui s'étendent sur plus d'un kilomètre, depuis le Casino (ou ce qu'il en reste) jusqu'au Convention Hall, salle de spectacle choisie très symboliquement par Bruce Springsteen pour y jouer les quelques répétitions publiques précédant le lancement de ses deux dernières tournées. Ils ont tous disparu, " les garçons du Casino qui dansaient avec leur chemise ouverte comme des latin lovers le long de la plage ". Madam' Marie, la voyante " coffrée par les flics parce qu'elle disait mieux qu'eux la bonne fortune ", a elle aussi déserté ces planches depuis belle lurette, abandonnant son cabanon aux seuls appareils photos des touristes venus, comme nous, faire ce pèlerinage en " Terra Ingrata " sur les traces du Boss. Car il s'agit bien de cela. Qui en effet s'intéresserait (au point de traverser l'Atlantique pour le visiter) à ce trou glauque s'il n'avait été hanté et chanté avec tant de romantisme par le fidèle enfant du pays devenu star planétaire ? Pourtant, l'abandon prolongé a donné à ce lieu, en figeant sa mémoire, un charme suranné et émouvant qui séduit chaque visiteur qui s'y aventure et justifie qu'on s'y arrête. Mais, bien sûr, de là à y vivre Réfugié au Stone Pony, mythique bar-club qui a vu défiler depuis 35 ans toute la scène musicale du Jersey Shore, des groupes de bars les plus inconnus jusqu'au " local hero " le plus vénéré et respecté de la région (voire du pays tout entier), je discute autour d'une Bud avec la nouvelle patronne de l'établissement, énième repreneur tentant sa chance pour perpétuer ce lieu historique pour bien des fans dans le monde. Mais s'y serait-elle seulement risquée si Springsteen et ses copains, les Southside Johnny, Bobby Bandiera, Little Steven ou Jon Bon Jovi, n'y venaient à intervalle régulier pour redonner un peu de vie et de notoriété au quartier ? Vini Lopez, le batteur autrefois surnommé " Mad Dog " par Bruce, passe à deux pas de notre troupe, qu'il vient saluer gentiment, se prêtant de (très) bonne grâce au jeu des autographes et des photos. Cela va pourtant faire pas loin de trente ans qu'il a quitté le E Street Band Ah, Asbury Park, ville
encore sous perfusion mais peut-être promise à un avenir
plus radieux si les multiples bonnes volontés réussissent
à tenir le coup et à remporter leur pari fou
Forcément,
en regard de l'événement d'hier soir au Giants Stadium ou
dans la perspective de celui de demain, à quelques kilomètres
seulement de là, cette visite nous offre un raccourci saisissant,
un peu déconcertant, même. Je crois qu'il faut avoir vu Asbury
Park pour véritablement saisir l'enjeu d'un concert de Bruce Springsteen,
qui plus est, chez lui, dans le New Jersey, devant 55 000 voisins et amis.
Hugues
Barrière
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