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Plus de 400 pages de pur Bruce Juice...

Bruce Springsteen à l'émission "Today Show" le 30 juillet 2002, au Convention Hall d'Asbury Park, pour le lancement de la tournée The Rising. <br>
A Belmar, New Jersey,  le panneau du croisement de tenth avenue et de E Street

Bruce Springsteen & the E Street Band
Mais où est donc Clarence 'Big man' Clemons ?

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Un manifeste rock'n'roll pour la tournée 2007
                                                      par Hugues Barrière

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’en 2007, il n’y va pas de main morte avec la politique américaine, le Bruce. Plus opiniâtre, plus persévérant, plus dévoué à la cause que jamais, il poursuit son tapage crescendo contre l’Administration Bush. Car si pendant près de trente ans, le Boss est resté étonnamment silencieux sur le sujet, depuis 2003, il n’a cessé de marteler des messages de plus en plus clairs et hostiles au gouvernement de son pays.

Rappelez-vous… En 2003, il commence par défendre les Dixie Chicks, injustement censurées, avant de promouvoir sur scène le livre de Al Franken sur les mensonges de l’équipe Bush. Dans la même tournée, la deuxième partie du Rising tour pour être exact, il n’hésite pas à demander la destitution du président Bush dans un « public service announcement » où il fustige l’érosion des libertés civiques, les écoutes illégales et l’engagement de son pays dans une guerre aussi inutile que coûteuse en vies et en budget. Un budget qui aurait sans doute été utile à soutenir les citoyens américains en difficulté. Dès 2004, il rejoint REM, Neil Young, John Fogerty, Bonnie Raitt, Eddie Vedder et bien d’autres dans une tournée (« Vote for change ») de soutien au candidat démocrate John Kerry, empressant tous les citoyens d’aller voter, et prenant le risque de se couper de la frange républicaine de son auditoire (il faudra un jour qu’on m’explique comment il peut y avoir des fans avertis et sincères de Springsteen dans le camp républicain ?). Sa version déstructurée à la Hendrix du « Star Spangled Banner », l’hymne américain, entame chacun de ses concerts et est proposée en téléchargement libre sur son site Internet. Il signe même de sa propre main un éditorial sans ambiguïté qui paraît dans le prestigieux New York Times, traduit chez nous dans Le Monde. Las ! Malgré les efforts non comptés de chacun, on sait le résultat le résultat que cela a donné. Mais Bruce Springsteen a le sens de la lutte et garde le poing levé. 2005 voit sortir dans les bacs un sacré brûlot contre la guerre en Irak. Devils & Dust porte haut le débat moral contre cette seconde guerre du Golfe. Trop haut sans doute pour le gouvernement Bush. Pas pour le peuple américain qui commence à regretter ses choix électoraux. Sur scène, Springsteen ne se prive d’aucune attaque contre le gouvernement de son pays, dont, dit-il, les valeurs les plus fondamentales, constitutionnelles et morales, sont foulées au pied. Il est présent sur tous les fronts. Attaquant même cette dérisoire thèse des évolutionnistes (dont Bush fait partie !), réfutant l’origine de l’humanité que tous les scientifiques ont démontré, pour l’attribuer purement et simplement (bon sang mais c’est bien sûr !) à… Adam et Eve ! Réécoutez d’ailleurs à ce propos le délicieux Part Man Part Monkey, une des rares incursions de Springsteen dans le territoire musical reggae. Et lorsqu’il obtient début 2006 un Grammy Award pour Devils & Dust, il achève l’interprétation de sa chanson sur un soldat perdu entre ses démons et la poussière par un sans équivoque « Bring Them Home ! » (Ramenez-les à la maison). S’arrêtera-t-il là ? Que nenni ! Évitant l’écueil d’un disque trop directement engagé, il choisit une stratégie artistique redoutablement intelligente et efficace, en reprenant les chansons apparemment innocentes et inoffensives d’un folkeux depuis longtemps à la retraite, Pete Seeger. Sauf que Pete Seeger fut un chanteur engagé des plus activistes qui contribua notamment au mouvement des droits civiques dans les années cinquante. Et Springsteen de reprendre des chansons centenaires du patrimoine musical américain, défendant ici les luttes sociales, critiquant là les guerres inutiles, meurtrières et coûteuses… Quoi de plus actuel ? Et en même temps, quoi de plus ancré dans la tradition américaine. Une façon de dire à George W. Bush : « En agissant de la sorte, ce n’est pas seulement le peuple américain d’aujourd’hui que vous trahissez, c’est l’histoire de l’Amérique, les valeurs des pères fondateurs et des générations qui ont saigné et transpiré pour fonder et développer ce pays. » Joignant sa plume à celle de ses glorieux aînés, il signe notamment une nouvelle chanson au son très celte (celui des pilgrims irlandais), American Land dont je vous recommande chaudement la lecture et l’écoute. De quoi faire un nouvel hymne, s’il en était besoin. Ajoutez à ça des concerts endiablés pour porter ces chansons revisitées de main de maître par un Springsteen plus inspiré que jamais, et vous obtenez une « arme de distraction massive » qui semble commencer à atteindre ses cibles. De distraction, oui, mais en même temps, qui nous conduit à l’essentiel. Je vous disais Springsteen opiniâtre, persévérant et dédié à sa cause. Lui, l’a prouvé. Car en 2007, avec Magic, c’est un nouveau coup de massue qu’il délivre de toute la puissance de son E Street Band pour enfoncer le clou de ses idées (et si possible défoncer la crédibilité de l’Administration Bush). Avec des titres comme Living In The Future ou la chanson-titre, Magic, il dénonce une fois de plus les mensonges, les détournements, le rapt des valeurs américaines au profit d’une politique aussi stupide que dangereuse. Seulement voilà, il est vrai que dans ses chansons, Bruce Springsteen utilise le décalage poétique, l’ellipse et la métaphore. Il est aussi un auteur produisant des textes parfois complexes, pas toujours compréhensibles au premier abord sans une exégèse minutieuse. Mais qui a le temps et la possibilité de faire ça dans une salle de concert ? Alors, afin d’éviter toute incompréhension comme il a pu en être l’objet dans le passé (Born in the U.S.A., American Skin), il signe avant de partir en tournée une virulente introduction dans le programme en papier glacé de sa tournée. Acerbe voire sarcastique, usant d’un ton qu’on ne lui connaissait guère, il dégomme sec. Et dans ce texte, l’ellipse et la métaphore ne sont pas de mise. Lisez vous-même :

« Je suis heureux de vous annoncer que le E Street Band est de retour pour amener Vérité, Justice et un Traitement Américain à un pays sombre et ravagé, et on espère bien vendre quelques t-shirts en faisant ça.

Les années depuis que nous nous sommes vus pour la dernière fois ont été lamentables. En même temps que notre amour de tout ce qui est américain – les cheeseburgers, le baseball, les hot dogs de chez Max et le moulin à vent à Long Branch, la côte du New Jersey, les motos V-Twin – nous avons dû ajouter au tableau américain la torture, la reddition, l’érosion de nos libertés civiques (le droit à l’habeas corpus), des écoutes illégales, la suppression du droit de vote à certaines personnes, une attaque à notre constitution et une guerre tragique en Irak. Nous avons aussi vu l’une de nos villes les plus importantes sur le plan culturel être dévastée pendant que nos dirigeants prenaient de longues vacances. Sauvez la Nouvelle Orléans !

Lors de notre dernière tournée, le pays se rassemblait ses morceaux après l’une des pires attaques terroristes de l’histoire. Il y avait un sens urgent de ce que cela signifiait d’être américain, et la majeure partie du monde était avec nous. Cela semblait être un moment où nous pouvions réaffirmer nos grands idéaux démocratiques américains et nous rassembler à la fois au plan national et international. Nous avions l’occasion de nous revendiquer une fois encore comme une force morale importante aux yeux du monde. À la place, nos dirigeants nous ont conduit la tête la première dans une guerre inutile, ont rogné nos libertés civiques et ont établi une longue liste de décisions politiques qui nous ont coûté des milliards en sang et en budget. Qu’aurions nous pu faire avec cet argent pour notre propre peuple dans nos villes en souffrance ? Qu’auraient pu nous donner les vies perdues à l’étranger ? Nous avons entrepris une action qui non seulement n’a pas permis de nous rendre plus en sécurité, mais ce faisant, ont subverti certaines des meilleures choses que l’Amérique a à offrir : la justice, l’autorité de la loi qui gouverne chaque homme et chaque femme, nos droits inaliénables qui ne peuvent nous être enlevés… jusqu’à ce jour. Ces actions par nos dirigeants ne sont pas juste « non américaines », elles sont anti-américaines.

Alors, nous sommes de retour et avons l’intention de faire quelque chose à ce sujet. NOUS AVONS L’INTENTION DE CHANTER À CE SUJET ! Et nous sommes armés et prêts avec les nouveaux morceaux de notre dernier disque à succès, « Magic », le titre se référant au fait que nous vivons dans une époque orwellienne où on peut faire passer ce qui est vrai pour un mensonge (de vrais héros de guerre – merci John Kerry – passant pour antipatriotiques) et faire passer ce qui est un mensonge pour la vérité (merci aux Swifties pour « Truth »). Nous vivons une époque où nous sommes à la merci d’une Administration menée par des gens qui pensent qu’ils n’ont pas à répondre au monde réel mais peuvent « fabriquer notre propre réalité » à travers leurs actions et leurs décisions politiques. Il n’y a pas de meilleure façon d’exprimer l’arrogance des types qui ont été aux manettes pendant les six dernières années ni d’expliquer plus clairement comment nous avons été conduits vers cette tragédie. Merci, les gars. « Mission accomplie ». « Magic » : « … le soleil est bas, il y a des corps qui pendent aux arbres, c’est ce qui arrivera, c’est ce qui arrivera. »

Je suis un Américain optimiste, mais je garde mon frère cynique tout près de moi afin de conserver un discernement équilibré et valable. Cela prendra un « long trajet de retour à la maison » (« Long Walk Home »). Comme le dit la chanson, « Vous savez que ce drapeau qui flotte au-dessus de la mairie, signifie que certaines choses sont gravées dans la pierre, qui nous sommes, ce que nous ferons et ce que nous ne ferons pas. » Nous allons suivre ce drapeau. Il y aura de la danse, du chant, du témoignage, du réconfort sexuel, de l’extase, des discours en différentes langues, de l’exaltation physique et de la réflexion. La mémoire et l’histoire y auront leur place, mais avec un peu de chance, il y aura aussi un peu de prophétie.

REDRESSEZ-VOUS ! SOYEZ FORTS ! DES TEMPS MEILLEURS ARRIVENT ! Mais d’abord, il y a un travail à accomplir.

Le E Street Band vient dans votre ville. Venez, rejoignez-nous et que la liberté éclate. »

Bruce Springsteen – 25 septembre 2007


Des raisons d’y croire encore

par Mikaël Ollivier

Madrid, 25 novembre 2007.

Nous y revoilà. Une nouvelle tournée de Bruce Springsteen. Les aéroports, les amis de concerts, l’anxiété de savoir si l’on parviendra à entrer dans le pit, ce que nous réserve la setlist de ce soir… Une délicieuse anxiété. Une nouvelle tournée de notre héros.
Et pourtant, cette année, à Madrid, en ce lumineux dimanche de novembre, un élément nouveau vient teinter notre attente. Une chose qui est née avec la sortie de l’album Magic quelques semaines plutôt et le début de la tournée aux USA. Un bruit, un buzz, un sujet de conversation qui est sur toutes les lèvres, sous tous les claviers des journalistes : Bruce Springsteen a 58 ans.
Qu’a-t-il bien pu se passer en 2007 pour que soudain, tout le monde ne parle plus que de l’âge de Bruce Springsteen ? Un an plus tôt presque jour pour jour, j’étais à Londres pour deux de ses concerts avec le Session Band et personne n’y faisait allusion ! Les douze mois qui séparent la cinquante-septième et la cinquante-huitième année d’un homme sont ils si redoutables qu’ils méritent tant de commentaires ? Non. Simplement, cette année, Bruce Springsteen revient avec le E Street Band, son groupe légendaire. Cette année, le boss joue avec ses potes de jeunesse, ceux avec qui il courait le cacheton dans les bars du New Jersey bien avant de devenir le « futur du rock and roll » et la star que l’on sait. Cette année, bien que le prétexte de sa tournée soit un nouvel album, Bruce Springsteen ne fait pas du neuf, il endosse un costume qu’on lui connait bien, qui a fait sa gloire, et court donc le risque d’être comparé avec lui-même et de prendre un coup de vieux… Et nous avec lui.
Car c’est un choc de lire dans chaque article consacré à la sortie de Magic et à la tournée que notre héros est le « vétéran du rock and roll » ! De lire depuis combien de temps il est marié, que ses enfants sont de grands ados, que les membres du E Street band flirtent tous dangereusement avec la soixantaine… Soudain, notre idole n’est plus hors du temps, n’est plus invincible.
Pourtant, à Madrid, quand explose enfin le riff de Radio Nowhere, la chanson qui ouvre le concert, tout le monde a le même âge dans le Palacio De Deportes, celui de hurler sa joie de voir commencer (avec 45 minutes de retard) cette nouvelle messe rock.
Ce n’est déjà plus la même histoire quand, sans prendre le temps de respirer, Springsteen se jette rageusement dans le deuxième titre de la soirée : No Surrender. Une chanson qui parle de garder la foi, de ne jamais se résigner, de ne jamais capituler. Et ce soir à Madrid, je ne peux m’empêcher de me demander ce qu’elle signifie encore en 2007 alors qu’elle a été écrite au début des années 80, quand Bruce Springsteen, trentenaire, allait devenir l’une des trois plus grosses rock stars mondiales et que moi… et que moi j’avais l’âge de penser que jamais je ne renoncerai, que jamais je ne capitulerai. Que signifie cette chanson quand on a 25 ans de plus, qu’on est devenu père et qu’il a bien fallu faire quelques petits arrangements avec la vie ?...

Madrid est donc la première date de la tournée européenne et n’en sera pas la meilleure. Springsteen n’est arrivé que le matin même en Europe et il est fatigué. Il suffit de quelques morceaux pour comprendre que si on aura un très bon concert (même quand il est moyen, Bruce est bien meilleur que les autres !) et que 99 % des spectateurs vont se régaler, nous, les quelques-uns qui le suivons de tournée en tournée depuis plusieurs décennies ne passerons pas une de ces soirées inoubliables que Springsteen nous a si souvent offertes. Tant mieux, ça me permet de regarder le show différemment, et de me laisser aller à cette étrange humeur qui, ce soir, met tout en perspective.
Les nouveaux titres sonnent bien mais ont besoin de se bonifier, de prendre leurs aises. La voix de Springsteen aussi, comme si elle n’était pas encore complètement décrassée en ce début de tournée.
Les quelques notes n’introduction à l’harmonica de Gybsy Biker, la quatrième chanson de la soirée, sont un « classique instantané », à l’image de Devil's Arcade ou Last To Die, deux titres puissants du dernier album qui viendront plus tard dans le set. Magic, en revanche, absolument parfaite sur l’album, souffre, sur scène à Madrid, de l’absence de Patti Scialfa, la choriste du E Street Band et épouse du « patron. » Ce dernier nous dira plus tard avec humour qu’elle a dû rester à la maison pour s’occuper des ados, et l’air de rien, cette remarque nous renvoie encore au temps qui passe, à notre héros qui prend de la bouteille ; alors qu’il dit cela avant le premier bis du concert, je ne peux m’empêcher de penser à ce show de 1992, à Paris, durant lequel, dans un français approximatif, Springsteen nous disait que « [ses] enfants aussi lisent Babar. » Et ils lisent quoi, maintenant ?... C’est Soozie Tyrell, la violoniste, qui fait les chœurs ce soir, et si elle est indéniablement une bonne musicienne, quand elle s’approche du micro pour un duo avec Springsteen, l’effet n’est pas le même que quand c’est Patti Scialfa dont, vingt ans plus tôt, on surprenait les œillades enflammés au leader du groupe pendant le Tunnel Of Love Express Tour, à une époque où il était marié à une autre.
Vingt ans plus tôt. Deux décennie que je prends en pleine figure quand, en milieu de concert, commence l’introduction au synthé de Tunnel of Love, justement. Vincennes, été 1988. C’était sur ces mêmes notes que Springsteen montait sur scène sous les rugissements du public. Il avait quel âge à l’époque ? Et moi ? Putain, il était plus jeune que je ne le suis aujourd’hui.
Et chaque « vieux » titre, ce soir, charrie sont lot de souvenirs : Darkness On the Edge Of Town, She’s the One, Candy’s Room, Working On The Highway, Dancing In The Dark… Et je ne parle même pas de Thunder Road que le public espagnol réclame quand Springsteen et sa bande remontent sur scène pour les bis. « Bientôt, un peu de patience… », dit-il en riant avant d’entamer Girls In Their Summer Clothes.

Que sont devenus les grands classiques de Springsteen en 2007 ? Quel rôle jouent-ils dans la composition de ses concerts outre celui de faire plaisir aux spectateurs ? Quelle est désormais la signification de ces chefs-d’œuvre qui ont fait sa gloire et qui ont accompagné ma vie ? The Promised Land, Badlands, Born To Run… Des hymnes désormais, passages obligés, toutes lumières allumées pour favoriser la communion du public. Et je me surprends à regarder la salle, la foule, la chorégraphie impeccable du public qui, depuis le temps, sait exactement ce qu’on attend de lui sur ces chansons emblématiques. Mais qui en écoute encore les textes qui sont pourtant de pures merveilles. Qui en ressent encore la portée, l’impulsion, l’énergie ? Avec le temps, ces chansons là en particulier ne se sont-elles pas vidées de leur sens pour n’être plus que la représentation d’elles-mêmes, leur enveloppe, leur apparence ? Il y a 25 ans, quand j’écoutais Born To Run, j’étais transporté, j’avais envie de courir, de fuir, de foutre le camp de mon quotidien pour morde la vie à pleines dents et devenir un autre. Aujourd’hui, quand Bruce Springsteen, muscles tendus, guitare brandie, crie que « Nous sommes nés pour courir », je pense au chemin parcouru, à qui je suis devenu.
Et justement, ne serait-ce pas là qu’il faut chercher la signification et la force de cette chanson en 2007 alors que Bruce Springsteen a 58 ans ? Il y a deux décennies et quelques, je l’écoutais pour sortir de moi-même, pour me fuir, exactement comme elle avait été écrite en 1975 par un jeune fils de chômeur (entre autres boulots précaires) qui comptait bien conquérir le monde avec sa guitare. Désormais, je l’écoute avec moi-même, pour qui je suis, comme Springsteen l’interprète du haut de son rêve accompli.
Et quand, après un formidable American Land, Bruce Springsteen, dégoulinant de sueur, salue avant de quitter la scène, je me fais la réflexion que j’ai fait un sacré bout de chemin avec les chansons de cet artiste. Elles m’ont guidé, elles m’ont donné des ailes, mais m’ont aussi aidé à m’accepter tel que je suis.
Et si ce concert de Madrid, plus qu’une folle soirée de rock and roll, aura été un étonnant voyage dans le temps, je me dis qu’il valait le détour. Qu’une fois de plus, même si différemment des autres tournées, ce concert de Bruce Springsteen aura été plus qu’un bon concert, plus que de la bonne musique.
Décidément, à 58 ans comme à 30, Bruce Springsteen, mieux qu’aucun autre artiste, sait me faire voyager en moi-même.

C’est novembre mais il fait doux à Madrid quand je sors du Palacio De Deportes. Dans ma tête tourne en boucle la sixième chanson du concert, cette version entièrement revisitée d’un titre de l’album Nebraska, de 1982 : Reason To Believe. Et je prends conscience que ce soir, comme chaque soir où je l’ai vu sur scène depuis plus de 20 ans, Bruce Springsteen m’aura servi de guide. Car l’air de rien, entre beaucoup d’autres choses, il vient de me montrer pendant plus de deux heures comment vieillir sans renoncer. Comment vieillir en trouvant toujours des « raisons d’y croire encore… »


Mikaël Ollivier est l’auteur d’une vingtaine de romans et a coécrit avec Hugues Barrière le livre Bruce Frederick Springsteen aux éditions du Castor Astral.

Site de l’auteur : www.mikaelollivier.com


SHOREFIRE MEDIA REVELE DEUX NOUVELLES PHOTOS DE SPRINGSTEEN

Sur son site, l'agence de presse Shorefire media pré-sente deux nouvelles photos officielles de Spring-steen, signées Danny Clinch (destinées à la presse). Vous pouvez télécharger ces photos en haute résolution sur le site de Shorefire media.

(c) Danny Clinch

(c) Danny Clinch

[14/09/2007]      


MAGIC, DEJA DISPONIBLE EN TELECHARGEMENT PIRATE SUR INTERNET

Malgré les mesures de sécurité draconiennes mises en œuvre par Sony Columbia, le nouvel album de Bruce Springsteen, Magic, est apparu avant-hier dans son inté-gralité sur internet, trois semai-nes environ avant sa sortie annon-cée dans le commerce. Sa diffusion semble s'être développée comme une traînée de poudre. Même s'il est probable que la quasi-majorité des fans achèteront l'album à sa sortie, comme ils achètent tout nouveau "produit" estampillé "Bruce Springsteen", ils n'ont pu, dans leur grande majorité, résister à leur légitime curiosité.

La publication anticipée et pirate de l'album révèle un douzième morceau, intitulé "Terry's Song", écrit par Bruce Springsteen en hommage à son ami, garde du corps, homme de confiance et assistant personnel Terry Magovern, décédé le 30 juillet dernier après 23 ans de présence aux côtés du chanteur. Ce douzième morceau serait soit un morceau caché sur l'album, soit la face B d'un prochain single.

[09/09/2007]      


EN ATTENDANT MAGIC, NE RATEZ PAS "SOWING THE SEEDS"...

Sowing the seeds"Sowing the seeds - the 10th anni-versary" est une excellente compi-lation réalisée pour le 10ème anniversaire du label Appleseed, spécialisé dans le répertoire folk et traditionnel américain. Dans ce double CD qui regroupe 37 morceaux dont de nombreux inédits (8) et rassemble un grand nombre de stars (Pete Seeger, Steve Earle, Ani di Franco, Jackson Browne, Joan Baez, Tom Paxton, Donovan, Roger McGuinn, Ramblin' Jack Elliott, Lou Reed, Arlo Guthrie...), Bruce Springsteen interprète, en duo avec Pete Seeger, sa chanson The Ghost of Tom Joad. Ani di Franco chante "Waist Deep In The Big Muddy", un titre qui vous rappelera peut-être quelque chose, mais qui n'a rien à voir avec la chanson éponyme de Springsteen. Pete Seeger chante avec Billy Bragg, Ani di Franco, Steve Earle et Anne Hills sa chanson Bring them Home, reprise par Springsteen dans ses Seeger Sessions. Bien qu'indisponible encore à ce jour sur les sites de vente en ligne, le disque est déjà en vente en import echez certains disquaires (Virgin, Fnac...).

[09/09/2007]      


BRUCE SPRINGSTEEN REND HOMMAGE A TERRY MAGOVERN

Terry Magovern, qui fut l'homme de confiance de Bruce Springsteen pendant les 23 dernières années, son garde du corps et son assistant personnel, est décédé le 30 juillet dernier. Si vous avez déjà essayé de photographier Bruce Springsteen à la sortie d'un hôtel, vous avez sûrement pris aussi Terry Magovern dans la photo.


Photo © Hugues Barrière

Sur son site officiel, Bruce Springsteen a rendu un vibrant hommage à son ami décédé, rappelant comment, alors qu'il dirigeait le bar Captain's garter, à Neptune (New Jersey), Terry Magovern lui avait donné sa chance lorsqu'il débutait comme chanteur à l'aube des années 70. Dans son hommage posthume, Springsteen compare Terry Magovern au personnage du roman "L'Attrape-coeur", représentant une figure protectri-ce pour lui et de nombreuses autres personnes.

Dans son nouvel album à paraître, Magic, Springsteen a inclus sous la forme d'un morceau caché, rajouté dans la discrétion et à la dernière minute, la chanson "Terry's Song", qu'il a interprétée lors des obsèques de Magovern. "Terry when they built you brother, they broke the mould" y chante-t-il ("Terry quand ils t'ont fait, ils ont cassé le moule").

[09/09/2007]      


LE NOUVEL ALBUM DE BRUCE SPRINGSTEEN ET DU E STREET BAND, "MAGIC", PARAÎTRA LE 2 OCTOBRE (et le 1er octobre en France* !!)

[16/08/2007] maj [9/09/2007]

MAGIC AGENDA

Si vous souhaitez découvrir au fur et à mesure les évènements marquants de la campagne de promotion du nouvel album de Bruce Springsteen, Magic, voici les principales dates à marquer dans votre agenda :

   • 4 sept. : diffusion du clip de Radio Nowhere
   • 5 sept. : mise en vente des place spour le con-
     cert de Paris (POP Bercy) du 17/12/2007
   • 25 sept. : sortie de "Magic" en vinyl.
   • 28 sept. : Bruce en direct sur NBC (Today Show),
     live à New York City.

   • 1er oct. : sortie de l'album Magic.

[03/09/2007]      


ECOUTEZ DES EXTRAITS DE MAGIC...

Progressivement, les sites de vente et de téléchar-gement de musique en ligne proposent des extraits (de 30 secondes par chanson) du nouvel album de Bruce Springsteen, Magic. Vos pouvez notamment découvrir les extraits des 11 morceaux sur ce site allemand. S'il n'est pas possible de se faire une opinion définitive à partir de ces simples extraits, on peut en revanche déjà sentir une ambiance et un son d'ensemble.

[03/09/2007]      


LE CLIP DE "RADIO NOWHERE" SERA VISIBLE GRATUITEMENT PENDANT 24 HEURES LE 4 SEPT.

Le clip de radio Nowhere sera visible gratuitement sur amazon.com le mardi 4 septembre, et ce pendant une durée de 24 heures seulement. Ne le ratez pas...

[03/09/2007]      


BRUCE SPRINGSTEEN ET LE E STREET BAND, EN DIRECT LIVE SUR NBC LE 28 SEPTEMBRE

Comme ils l'avaient fait lors de la sortie de The Rising, Bruce Springsteen et le Street band se produiront live dans l'émission matinale Today Show de la chaine américaine NBC. Ils interprèteront notamment en primeur plusieurs morceaux de leur nouvel album, Magic.

[03/09/2007]      


RADIO NOWHERE, EN TELECHARGEMENT GRATUIT ET LEGAL

C'est cadeau ! Bruce Springsteen et Columbia proposent sur un site tout à fait officiel le téléchar-gement gratuit et légal de 'Radio Nowhere', le premier single de l'album 'Magic'. Nous pouvons enfin écouter ce morceau avec un son décent et apprécier comme il se doit la jolie ligne de basse très en avant de Garry Tallent. Merci Mr. Springsteen, pour ce cadeau "apéritif" !

C'est gratuit, c'est libre, c'est légal, donc ne vous privez pas, c'est sur : www.radionowheredownload.com/

[28/08/2007]     


DATES DE LA TOURNÉE D'AUTOMNE 'MAGIC'


Le E street band de 2007
(photo Danny Clinch)

Voici les dates officielles des 31 concerts de la tournée d'automne de Bruce Springsteen et du E Street Band.

Les places pour le concert parisien du POP Bercy (17/12) seront en vente le 7 septembre dans l'ensemble des points de vente mais dès le 5 septembre dans le réseau GDP (Gérard Drouot Productions).

Dans une interview exclusive adressée à Backstreets, Springsteen a confirmé que la violoniste Soozie Tyrell serait bien présente avec le groupe lors de la tournée (même si elle n'est pas présente sur la photo ci-dessus).

Les liens vers les sites de réservation (et les dates de début de location) sont indiqués lorsqu'elles sont disponibles :

Répétitions : Sept.8 - 21, & Sept. 23 - 30

Etats-Unis / Canada
Oct 2 Hartford
Oct 5 Philadelphia
Oct 9,10 Meadowlands- E. Rutherford,NJ
Oct 14 Ottawa (Canada)
Oct 15 Toronto (Canada)
Oct 17,18 Madison Square Garden, NYC
Oct 21 Chicago
Oct 26 Oakland
Oct 28 Los Angeles
Nov 2 St Paul
Nov 4 Cleveland
Nov 5 Detroit
Nov 11 Washington DC
Nov 14 Pittsburgh
Nov 15 Albany
Nov 18 Boston

Europe
Nov 25 Madrid (Espagne)
Nov 26 Bilbao (Espagne)
Nov 28 Milan (Italie)
Nov 30 Arnhem (Pays-Bas)
Dec 2 Mannheim (Allemagne)      28/08/2007
Dec 4 Oslo (Norvège)
Dec 8 Copenhagen (Danemark)
Dec 10 Stockholm (Suède)
Dec 12 Anvers (Belgique)
Dec 13 Cologne (Allemagne)      28/08/2007
Dec 15 Belfast (Irlande)
Dec 17 Paris (France)           07/09/2007
Dec 19 London
(Angleterre)

[28/08/2007]     


LE VINYL "MAGIQUE" POURRAIT BIEN SORTIR LE 25 SEPTEMBRE

Les collectionneurs et amoureux des bons vieux vinyls ne sont pas oubliés : Magic devrait sortir aussi au format 33 tours (un seul disque) le 25 septembre prochain, soit une semaine avant le CD. A l'heure où l'on dit le CD condamné par le téléchargement, il est amusant de voir que les disques vinyl attirent encore de nombreux collectionneurs et nostalgiques. Bientôt, ce sera sans doute au tour du CD de devenir collector...


RADIO NOWHERE, EN ECOUTE... DE "NULLE PART"

C'est désormais coutumier, à chaque sortie de nouvel album, Internet propose ici ou là, via les forums de fans, des scoops officieux et des morceaux en "pré-écoute". Entre les annonces officielles et les fuites, le puzzle de l'album et de sa tournée consécutive se remplit progressivement, alimentant crescendo un buzz qui sert aussi, avant tout lancement officiel, à recueillir les premières impressions et réactions.

Le premier morceau à faire surface "de nulle part" est justement le premier single de l'album, au nom prédestiné (?), Radio nowhere. Vous aurez sans doute une chance de pouvoir l'écouter en cliquant ici.

A la première écoute, le morceau révèle des guitares et une batterie très en avant, au détriment des claviers ou violons qui étaient, en comparaison, plus présents à l'époque de The Rising. Le son n'en est que plus percutant. Bien construit, ce 'radio nowhere', au moins autant 'pop' que 'rock', semble toutefois très formaté et il ne serait pas surprenant que les radios... de partout l'intègrent dans leur playlist, ce qui, au passage, n'est pas arrivé depuis pas mal de temps à une chanson de Springsteen, hormis ses grands standards pré-1995. Autre chose que l'on n'avait pas entendu depuis pas mal de temps, c'est un solo de sax de ce bon vieux Clarence Clemons (66 ans, quand même) pendant le pont instrumental. Dommage, cependant, qu'il soit noyé dans les guitares. La voix de Springsteen est toujours aussi reconnaissable, mais manque sans doute un peu de typicité, à l'inverse du travail que le chanteur avait accompli sur Devils & Dust ou sur les Seeger Sessions. Enfin, le côté 'rebondissant' de la rythmique n'est pas sans rappeler Dancing in the dark (le mot "bouncing" dès le troisième vers n'est sans doute pas utilisé par hasard). Quant au texte, justement, il est assez direct et tout à fait Springsteenien, bien que sans grande véritable richesse. Le thème, celui de la solitude dans un monde éteint et vide, pour ne pas dire creux, à laquelle la musique (rock) apporte sa promesse de réconfort et de lien social, avait déjà été largement exploité par Springsteen (Where the bands are entre autres). Au final, ce radio nowhere n'est pas un mauvais cru, bien que sans réelle surprise. C'est bien du Springsteen, avec néanmoins un petit goût de déjà vu - déjà entendu.

[23/08/2007]     


LE NOUVEL ALBUM DE BRUCE SPRINGSTEEN ET DU E STREET BAND, "MAGIC", PARAÎTRA LE 2 OCTOBRE (et le 1er octobre en France* !!)

Depuis 2002 et The Rising, Bruce Springsteen n'avait plus sorti de disque avec le E Street Band, se concentrant sur des projets solo (Devils and Dust) ou de reprises (Seeger Sessions). Ce nouvel album marque un retour de Bruce aux commandes de son groupe légendaire, le E Street Band.

Selon Jon Landau, le manager de Springsteen, qui vient de publier son communiqué de presse : " Magic est un CD de rock avec beaucoup d'energie. Il est léger et incroyablement bien interprété par Bruce et les membres du E Street Band, et comme toujours, a plein de choses à dire. Il est aussi immensément divertissant. Magic est la troisième collaboration entre Bruce et Brendan O'Brien et est un point culminant dans leur très productive relation créative."

O'Brien a produit et mixé l'album à son studio d'Atlanta, le Southern Tracks Recording Studio, où les enregistrements se sont étalés sur une période de deux mois.

Les 12 titres de l'album (11 titres listés + 1 titre caché) sont les suivants :

1. Radio Nowhere
2. You'll Be Comin' Down
3. Livin' in the Future
4. Your Own Worst Enemy
5. Gypsy Biker
6. Girls in Their Summer Clothes
7. I'll Work for Your Love
8. Magic
9. Last to Die
10. Long Walk Home
11. Devil's Arcade
12. Terry's Song (titre caché ???)

(c) Mark ZeligerParmi ces titres qui laissent déjà entrevoir le meilleur, seul un morceau est déjà connu, puisque Bruce Springsteen l'a joué (une seule fois !) à Londres le 11 novembre 2006, apparemment le lendemain du jour où il l'a écrite. Vous pouvez d'ailleurs écouter cette version en cliquant ici. Il s'agit d'un lien donné par Jon Landau lui-même, dans son interview au magazine Rolling Stone, où il a collaboré jusqu'à ce qu'il commence à travailler avec Springsteen, en 1974.
'Radio Nowhere' est le premier single de ce nouvel album.

Le titre caché, évoqué dans de nombreux forums de fans, n'est autre qu'un vibrant hommage rendu par bruce Springsteen à Terry Magovern, son garde du corps pendant 23 ans, mais également son homme de confiance, décédé le 30 juillet dernier.

Dans une interview accordée au magazine Rolling Stone, le producteur Brendan O'Brien explique que Springsteen l'a invité chez lui l'année dernière pour lui faire découvrir un groupe de chansons qu'il avait composées, lui laissant la responsabilité de choisir celles qui conviendraient pour un album. "C'était surréaliste", confie O'Brien. "Nous étions assis dans son salon, il m'a tendu un cahier de textes de chansons et les a interprétées devant moi à la guitare [...] Certaines d'entre elles avaient une certaine voix qui semblait bien aller avec le reste, et d'autres n'avaient pas cette même voix. C'est ainsi qu'on a décidé avec lesquelles poursuivre."

Le producteur confie par ailleurs que les membres du E Street Band étant occupés la semaine (notamment le batteur Max Weinberg avec l'enregistrement de l'émission nocturne de Conan O'Brien), le groupe se réunissait les week-ends au studio Southern Tracks d'Atlanta, et que Bruce occupait les jours de semaine aux overdubs et à l'enregistrement des parties vocales. Néanmoins, Bruce a assisté personnellement à toutes les séances d'enregistrement du saxophoniste Clarence Clemons.

Il est intéressant de noter que, comme en 2002 avec The Rising, Springsteen et le E Street Band enregistrent désormais leurs parties vocales et instrumentales séparément, contrairement à leur précédent album "ensemble", qui n'est autre que Born in the USA (qui remonte à 1984!), pour lequel la plupart des tites étaient enregistrés live en studio.

Lire le communiqué de presse officiel.
Lire l'interview exclusive du manager Jon Landau à Rolling Stone.
Lire l'interview du producteur Brendan O'Brien à Rolling Stone
Voir la photo de Marc Zeliger en grand format.

Il semble que le lien, donné par Jon Landau lui-même, vers la version de Long Walk Home du 11 nov. 2006 à la Wembley Arena de Londres, ait rapidement été brisé. Vous pouvez néanmoins découvrir ici les paroles de cette chanson, présentée alors comme un "travail en cours". Voici ce que Bruce Springsteen avait déclaré en introduction de cette chanson (la traduction en français est juste en-dessous):

"Alright. Oh, when I went out and saw Lucinda Williams last night, and uh... she was fabulous of course. Beautiful songwriter and uh, she was brave 'cause she played all her new songs. And uh, it's like I wanna, between my whoring and drinking, when I come home after that, I sit up in the hotel on occasion and I, and I try to write. So uh... this is uh... this is uh, something -- it's kind of a work in progress... [cheers] uh... I was saying earlier, you know, it's some return to some semblance of sanity in the States, but there was so much destruction done, uh, just to basic principles of democracy that not only is it broken, it needs to be fixed now [chuckles] you know. So... [cheers] This is a song called uh, "Gonna Be A Long Walk Home".

"Quand j'ai vu Lucinda Williams hier soir à son concert, elle était fabuleuse, bien sûr. Merveilleuse auteur-compositeur de chanson. Elle a eu du courage car elle a joué toutes ses nouvelles chansons. Et moi, quand je rentre à l'hôtel après avoir dragué et bu, à l'occasion je m'assois et j'essaie d'écrire. Donc, voici... c'est une sorte d'ébauche... Je disais tout à l'heure qu'il y a comme un retour à un semblant de bons sens aux Etats-Unis, mais il y a eu tant de choses détruites, jusqu'aux principes fondamentaux de la démocratie qui, bien sûr, sont détruits et ont donc besoin d'être rétablis maintenant. Voici une chanson intitulée "Gonna Be A Long Walk Home" ("le chemin va être long pour rentrer à la maison").

Il n'aura pas fallu longtemps pour que la pochette du disque soit révélée : bonne nouvelle, le look de Springsteen en 2007 n'est plus flou ni de biais, comme sur The Rising ou Devils & Dust mais bien direct, de face. Voilà qui nous promet un album tout aussi direct. Néanmoins, bien que l'album soit annoncé comme "E Street band heavy", comme l'a dit Jon Landau, le nom du groupe légendaire de Bruce Springsteen ne figure (toujours) pas sur la pochette.

* selon le communiqué de presse de Columbia France.

[16/08/2007] maj [21/08/2007]     


PODCAST GRATUIT - LIVE IN DUBLIN

Le site officiel de Bruce Springsteen indique un lien vers un podcast gratuit d'iTunes consacré à l'album Live in Dublin. Bien qu'un peu courts (resp. 2'55 et 5'24), les deux extraits disponibles pour l'instant n'en sont pas moins intéressants, avec notamment des interviews de Pete Seeger et de Dave Marsh, biographe 'officiel' de Bruce Springsteen.

[18/08/2007]     


SPRINGSTEEN EN CONCERT à PARIS POP BERCY LE 17 DECEMBRE 2007

Selon le site internet du POP Bercy, Bruce Spring-steen serait en concert à Paris le 17 décembre.

Néanmoins, le nouvel album de Springsteen (vraisem-blablement accompagné de son E Street Band) à l'origine de la nouvelle tournée n'a toujours pas été dévoilé ni même officiellement annoncé, et le management de Springsteen n'a pas encore, non plus, communiqué sur les dates de la tournée devant théoriquement démarrer à l'automne aux Etats-Unis, avant de rejoindre l'Europe. Pour autant, ce scoop annoncé par le POP Bercy a toutes les chances d'être fiable, même si la date de réservation des places n'a pas encore été indiquée. Vous pouvez donc raisonnablement bloquer la date!

Si ce concert s'inscrit dans le cadre d'une tournée européenne éclair coîncidant avec la sortie de l'album (comme pour The Rising et les Seeger Sessions), il est possible que Springsteen et son E Street Band reviennent par chez nous au printemps 2008. On parle d'un possible concert au Parc des Princes.

[15/08/2007]     


VISIONNER LE NOUVEAU CLIP DE JESSIE MALIN / BRUCE SPRINGSTEEN "BROKEN RADIO"

Danny Clinch, qui semble bien être devenu le photographe et vidéographe officiel de Springsteen depuis The Rising en 2002, a réalisé une nouvelle version de son clip de la chanson "Broken Radio", que Jessie Malin interprête en duo avec Springsteen. Ce nouveau clip ne présente que les deux chanteurs et comporte donc davantage de gros plans.

Vous pouvez visionner l'ancienne version en cliquant sur ce lien.

[15/08/2007]     


LE NOUVEL ALBUM DE PATTI SCIALFA EST ATTENDU POUR LE 4 SEPTEMBRE

Patti Scialfa, madame Springsteen à la ville et choriste du E Street Band et du Seeger Sessions Band, sortira le 4 septembre son troisième album, intitulé "Play it as it lays". Composé de dix titres, il est annoncé comme un mélange de rock, folk, country et doo-wop. Bruce Springsteen a participé aux parties instrumen-tales de cet album en jouant ici ou là de l'orgue, de la guitare et de l'harmonica. A propos de son travail mené en parallèle à celui de son mari, la chanteuse a récemment déclaré : "Ce fut une période excitante à la maison parce que nous étions tous les deux pas mal occupés. Ce fut une période fabuleusement créative."

Les 10 titres de l'album :

Looking for Elvis
Like Any Woman Would
Town Called Heartbreak
Play Around
Rainy Day Man
The Word
Bad For You
Run, Run, Run
Play It As It Lays
Black Ladder

Sortie le 4 septembre chez Columbia (Sony)
Davantage d'info sur www.pattiscialfa.net

[15/08/2007]       


SPRINGSTEEN REND HOMMAGE A ENNIO MORRICONE

On sait Bruce Springsteen d'origine italienne, par sa mère Adele (Zirilli). On sait aussi Bruce Springsteen très inspiré par le cinéma (et réciproquement - voir notre article Marcher comme Brando), au point de produire pour ses chansons une écriture très "cinématographi-que", son tube Streets Of Philadelphia lui ayant même valu un Oscar. On sait enfin Bruce Springsteen grand fan de westerns. Il l'a souvent expliqué sur scène lors de la tournée Tom Joad (1996-1997) avant d'interpréter sa chanson This Hard Land. Il ne pouvait donc rater, plus jeune, les fameux westerns spaghetti de Sergio Leone et les légendaires musiques de son compositeur attitré, Ennio Morricine. Dans la compilation hommage We All Love Ennio Morricone, Springsteen reprend avec l'orchestre du compositeur un extrait de la B.O. du film Il était une fois dans l'Ouest, jouant un solo instrumental à la guitare derrière les violons et cuivres de l'ensemble symphonique. Et pour ceux qui s'étonneraient de cet exercice peu "rock'n'roll", rappelons qu'à l'instar des musiques de Morricone, les compositions de Springsteen n'ont jamais été dénuées d'un fort caractère épique, romantique et, musicalement parlant, d'un évident style symphonique (réécouter Jungleland ou Backstreets). Le 6 juin 2005, lors de sa tournée Devils and Dust, Springsteen entrait d'ailleurs dans la Palalottomatica Arena de Rome au son de la musique d'Il était une fois dans l'Ouest, dédiant sa première chanson à Morricone.

[18/07/2007]     
 
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LIGHT OF DAY en DVD

Depuis quelques semaines est sorti en DVD (zone 2), sans grande publicité, l'excellent film de Paul Schrader tourné en 1987, Light of Day, avec Michael J. Fox, Joan Jett et Gena Rowlands dans les rôles principaux.

"Encore jeunes, Patty et Joe Rasnick angoissent de passer leur vie dans la sombre banlieue industrielle de Cleveland où ils ont grandi, éduqués par une mère qui ne jure que par la religion. Leur passion : le rock ! Et du rock, ils en font dans leur propre groupe, les Barbusters. Quand l'occasion de partir en tournée se présente, Patty n'hésite pas un seul instant, entraînant avec elle son frère Joe et son propre fils, Benji. Sur les routes, l'aventure commence, beaucoup plus dure qu'ils ne l'avaient imaginée..."

Le titre du film est tiré de la chanson éponyme de Springsteen, écrite spécialement pour le film, et qui n'est autre que la toute première composition du chanteur pour le cinéma. Mais derrière cette chanson (et ce film) se cache bien sûr une toute autre histoire : au départ, ce film s'appelait, ou devait s'appeler... Born in the USA et son réalisateur, Paul Schrader, en avait envoyé le script à Springsteen, dans l'hypothèse de lui proposer un rôle ou, à défaut, lui demander l'écriture d'une chanson pour la B.O. Si le chanteur n'a pas donné suite à la proposition de Schrader, il n'a en revanche pas hésité à lui "piquer" le titre du film pour une de ses propres chansons, devenue par la suite sa chanson la plus célèbre : Born in the U.S.A. Pour s'excuser auprès du réalisateur, il composa alors et offrit à ce dernier la chanson Light of Day, qui donna son titre au film. Sur la pochette du disque Born in the USA figure d'ailleurs un laconique "thanks to Paul Schrader"...

[14/07/2007]     
 
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LIVE IN DUBLIN - CD, DVD, COMBO et BLU-RAY

Bruce Springsteen avait promis à ses fans (et à sa maison de disques) d’accélérer la fréquence de ses sorties discographiques. Il continue de tenir sa promesse.

Lui qui était autrefois hostile aux albums live (il aura attendu 1986, soit 13 ans de carrière discographi-que, pour sortir le premier), est maintenant entré comme tout le monde dans le rang et dans le cycle récurrent album studio/tournée/album live. Il était quand même temps qu’il arrive, six bons mois après la fin de la tournée, ce Live in Dublin, qui permet de raviver les bons souvenirs du concert de Bercy en mai dernier et d’oublier par la même occasion la piètre prestation télévisée enregistrée la veille (comme quoi les jours se suivent et ne se ressemblent pas) dans une église londonienne, puis diffusée sur Canal +, dans un programme dont on ne retiendra que l’intéressante interview d’Antoine de Caunes en seconde partie.

Après le Live in Barcelona de 2003, c’est la seconde fois que Springsteen publie un album live « européen », histoire de montrer que s’il est toujours aussi américain (le thème de son disque hommage à Pete Seeger et sa tournée le montrent clairement), il n’en est pas moins sensible à la fidélité de son public européen, qui parfois le comprend et le soutient davantage que ses propres compatriotes (notamment depuis ses claires positions politiques contre George W. Bush). N’oublions pas, d’ailleurs, que Bruce est le fils de deux américains d’origine européenne, une mère de souche italienne et un père de descendance irlandaise. Ceci expliquant peut-être cela.

Quoiqu’il en soit, cette énième tournée du patron aura une fois encore été l’occasion de montrer toute la richesse du travail scénique de ce bon vieux Bruce (57 ans et toujours au top dès qu’on lui met une guitare dans les bras). Car l’homme avait déjà tout fait, ou presque, en solo ou aux commandes de son E Street Band, et il n’était pas évident qu’il trouve encore le moyen de se renouveler. De ce côté-là, Springsteen, c’est l’anti-Rolling Stones : inconce-vable pour lui de monter sur scène pour faire le même show que la fois précédente, voire de n’importe quelle fois précédente. La preuve ? A une ou deux exceptions près, Springsteen n’a jamais, en quarante ans de carrière scénique, donné deux concerts présentant la même setlist. Impressionnant, non ? D’ailleurs, côté studio, il n’a jamais non plus fait deux fois le même disque, continuant, à chaque nouvelle production, de nous raconter la suite de son histoire. Ce qui nous ramène à ces Seeger sessions et à ce Live in Dublin, dans lesquels Bruce et son excellent « Sessions Band » offrent à la fois spontanéité, énergie, ferveur, profondeur, jovialité et simplicité, dans un cocktail croustifondant de soul, jazz, gospel, country, folk, fanfare et rock (liste non limitative). Le tout sur fond de conscience sociale, quand même, n’oublions pas la part cruciale des textes dans les chansons défendues par Springsteen, qu’il en soit l’auteur ou non.

Ne vous y trompez pas, même s’il s’agit d’une tournée « tribute » (on notera au passage que le nom de Seeger a disparu de l’affiche de ce CD/DVD !), c’est du très, très grand Springsteen. Les 23 morceaux du CD et les 24 du DVD (avec une surprise, cachée à la fin) ont été enregistrés au cours de trois des quatre derniers concerts de la tournée, alors que le groupe était parfaitement rodé et que le public avait pleinement intégré tous les gimmicks des nouvelles chansons, où il pouvait en pousser une et répondre au micro tendu de son patron de c(h)œur. Une fin de tournée qui fait également la part belle aux vieux morceaux légendaires (« Growin’up », « Atlantic City », un « Open All Night » endiablé et surtout « Blinded By The Light », qui, même reléguée dans le… générique du DVD, en vaut à elle seule l’achat), morceaux que Springsteen s’amuse à revisiter avec un incroyable talent, afin que même les vieilles rengaines bénéficient d’une écoute nouvelle. Bien entendu, ce nouveau CD/DVD n’aurait pas sa place dans la discographie de Springsteen si ce dernier n’y avait glissé, comme à son habitude, de nombreux morceaux inédits et reprises ajoutés au fil de la tournée, tels que « This Little Light of Mine », un gospel surchauffé où la choriste Cindy Mizelle atteint l’âme jusqu’au frisson, « Love of the Common People », un reggae chaleureux (saviez-vous que Springsteen avait déjà partagé l’affiche avec Bob Marley et tenté une version reggae de Born in the U.S.A. avec le groupe Jah Love ?), ou le standard New Orleans « When The Saints Go Marchin’In » qui, contre toute attente, est interprété dans un chant sublime quasi acoustique. Certes, les fans attentifs regretteront que le montage final ait coupé de beaux moments d’échange avec le public, et que ce Live in Dublin ne soit qu’un patchwork des trois concerts donnés dans la capitale irlandaise, au lieu d’un concert intégral. Dommage aussi qu’il n’y ait pas quelques bonus (interviews, reportages sur la tournée…) pour compléter le concert. Mais au final, il en sort un disque et une vidéo épatants, digne de figurer un jour dans une anthologie.

[14/07/2007]     
 
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O TEMPORA, O MORES... UN FORUM REMPLACE L'AUTRE. ON PREND LES MÊMES (OU PRESQUE) ET ON RECOMMENCE...

Après plus de dix ans de bons et loyaux services dédiés à la cause des fans du Boss, le forum du 1er site (en importance et en qualité) consacré à Bruce Springsteen, Spirit in the Night, a fermé ses portes. Il serait trop long de dire ici tout ce que ce forum a apporté aux fans de Springsteen, qui ont pu se rencontrer, virtuellement ou physiquement, échanger, partager, s'informer, découvrir... Son administrateur légendaire, Marcel Gouesmel, alias Cisco, continue toutefois d'alimenter son site incontournable pour tout amateur de Springsteen. Dès lors, en moins de temps qu'il n'en faut pour dire "How can a poor man stand such times and live", un nouveau forum a vu le jour, intitulé Land of Hope and Dreams. Nous lui souhaitons autant de succès et de tenue qu'à celui de Spirit in the night, tout en exprimant à Mr. Cisco toute notre gratitude et notre respect.

[14/07/2007]     
 
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par Hugues Barrière
et Mikaël Ollivier

préface de Antoine de Caunes

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